

C’est bête à dire, mais depuis que j’ai pris mes distances avec les réseaux sociaux , j’ai retrouvé le goût des choses et mes premiers amours en broderie!
Ce n’est pas que j’y passai des heures et des heures à dérouler l’écran, non!!
Juste, j’aimais bien voir toutes ces inspirations, ces idées, ces coins du monde qui font rêver. Au début, je trouvais cela nourrissant et motivant pour la créativité. J’ai vu de si jolies choses, j’ai appris aussi!!
J’aimais bien partager à mon tour….mettre des photos de mes fleurs, de mes broderies et de tout ce que je pouvais faire. en crochet et autres.
Seulement, on se fait vite attraper par cette petite musique qui joue en fond et qui vous fait croire que sans tout ça, on est rien, on ne fait rien, on ne vaut rien et surtout qu’on manque quelque chose. On manque les dernières nouveautés, les sorties, les créations, les modes, et on manque même les saisons!!
L’espace de notre propre créativité est peu à peu grignoté.
Ce qui était, au début, « je poste une photo de mon gilet tout juste tricoté, comme je suis contente!!! » est devenu « oh!! je dois poster quelque chose, vite! je n’ai rien posté cette semaine!! » sinon quoi!! on va nous oublier?!
Cela ne change rien au travail des vrais artistes, et cela n’enlève rien aux belles idées qu’ont certaines personnes. Je suis toujours admirative des belles pages de journal brodé de Amy Freeman Clic ici!! C’est magnifique de combinaisons de tissus et de dentelles!! Je reste également fan des poupées de Little Cotton Rabbits Clic ici!! et de la tendresse de ses créations qui un jour seront sur mes aiguilles.
Mais, j’ai eu beau chercher derrière les photos, derrière les comptes et profils, je n’ai pas trouvé d’histoires.
J’ai trouvé des photos avec des prix sur les produits, j’ai trouvé des tas et des tas d’explications sur comment faire une maille torse, des astuces, des conseils, des challenges, etc.. et il en faut, oui!!
Mais, il n’y a plus d’histoire!
Que des photos et des légendes que plus personne ne lit d’ailleurs!

Aujourd’hui, je réalise à quel point j’ai terriblement besoin de ces récits pour créer.
(Je suis contente de voir que les blogs commencent à renaitre tout doucement. Je n’ai pas cessé de croire aux bienfaits du blog ces deux dernières années, et je savais que ça reviendrait… c’est un espace paisible et profond)
C’est en pensant à un souvenir ou en imaginant une petite histoire comme pour ma Souris Primrose que j’arrive à broder des pièces qui me plaisent vraiment.

Prenez la boite à lettres, avec fond d’aquarelle et fils pastels que j’ai fait il y a quelques temps déjà.
Ce que je ne vous ai jamais raconté, c’est que cette boite est celle qui faisait face à la maison de nos amis au Québec. C’était leur boite à lettres. Il est courant que les boites soient toutes placées sur un côté de la route seulement pour faciliter la distribution, et parfois il faut traverser la route pour aller chercher le courrier.
C’était la première fois que je voyais ce style de boite à lettre. Et qu’est ce que j’ai trouvé ça beau!!!
Même abimées par la neige et le soleil, ou encore penchées à cause des charrues qui déblayent les routes en hiver, ces boites à lettres ont du caractère!! Et le drapeau est levé quand le facteur est passé.
Eh bien dans mon souvenir, cette boite était au bord du fossé, les herbes hautes grimpaient le long du pied en bois et derrière on voyait un champs à perte de vue.
C’est la plus jolie boite que j’ai vu cette année là!!
Ma boite à lettre brodée n’est peut être pas tout à fait la même, mais elle raconte mon souvenir.

Ce n’est pas seulement une broderie ou la photo d’une broderie, c’est le coup de cœur que j’ai eu un jour pour une boite à lettres. C’est un bout de ma vie. C’est l’aquarelle que j’ai mis sur la toile pour me rappeler le bleu du ciel et le vert de l’herbe. Ce n’est pas juste un fond coloré pour moi.
Et comme j’aime les fleurs!!!

Je suis retombée en amour avec mon style de broderie…comme avant.
Je suis retournée à mes premiers amours en broderie, ce qui me raconte moi!
C’est la passion qui renait entre mes pinceaux, mes tissus et mes aiguilles.
***Je soupçonne le temps passé dans le jardin d’y être un peu pour quelque chose.






J’aimerais ne jamais oublier que l’inspiration vient d’abord de ma propre vie et n’est pas dictée par des algorithmes.
Aux premiers amours et à la création!!
Ludivine











































